Les apprenants francophones du norvégien, en particulier ceux qui se préparent au Norskprøven, sont confrontés à des défis linguistiques spécifiques, souvent enracinés dans les divergences structurelles entre le français et le norvégien. Bien qu’il n’existe pas de statistiques officielles recensant spécifiquement les fautes grammaticales typiques des francophones au Norskprøven, une analyse comparative des deux langues, couplée à l’expérience pédagogique, permet de dégager des schémas d’erreurs récurrents. Cet article se propose d’explorer ces écueils grammaticaux, fournissant aux lecteurs une boussole pour naviguer les complexités du norvégien.
Pour un francophone, la gestion de l’article en norvégien peut s’apparenter à l’apprentissage d’un nouveau rythme musical, où les instruments ne sont pas toujours placés où l’on s’attendrait. La principale dissonance réside dans l’intégration de l’article défini au nom en norvégien, une caractéristique absente en français. Pour améliorer vos compétences en norvégien, vous pouvez S’inscrire au cours de préparation Norskprøven.
L’article suffixe : Une innovation grammaticale
Le norvégien utilise un article défini suffixé, ce qui signifie qu’il est accolé à la fin du nom. Par exemple, “bil” (voiture) devient “bilen” (la voiture) au masculin et “hus” (maison) devient “huset” (la maison) au neutre. C’est un concept étranger à la grammaire française, où l’article précède toujours le nom.
- Erreur typique : Oubli de l’article suffixé, ou utilisation simultanée de l’article défini détaché et du suffixe (par exemple, “den bilen” au lieu de “bilen” lorsque le contexte ne le justifie pas). Le francophone, habitué à la dissociation entre article et nom, peut avoir du mal à internaliser cette fusion grammaticale.
- Conseil : Visualiser l’article suffixé comme une “queue” du nom, indissociable de lui. Pratiquer des exercices de transformation de noms à l’état indéfini vers l’état défini est crucial.
L’accord de l’article et du nom : Des subtilités génériques
Le norvégien distingue trois genres pour les noms : masculin, féminin et neutre, chacun ayant son propre article suffixé et indéfini. Bien que le français ait aussi des genres, leur attribution est souvent moins transparente pour un apprenant que pour des systèmes plus réguliers. En norvégien, cette classification influence directement la forme de l’article défini.
- Erreur typique : Confusion entre les articles suffixés selon le genre (utiliser “-en” pour un nom neutre, par exemple). Le français n’ayant que deux genres (“le/la”), l’introduction du neutre en norvégien peut être une source de complication.
- Conseil : Apprendre le genre de chaque nouveau nom dès son acquisition, un peu comme on apprend le genre des noms en allemand. L’utilisation de jeux de cartes ou d’applications dédiées peut faciliter la mémorisation.
La conjugaison verbale : Un chemin semé d’embûches modulaires
La conjugaison norvégienne, bien que globalement moins complexe que celle du français, présente des défis spécifiques, notamment en ce qui concerne les temps et les modes, ainsi que la régularité des verbes. Pour un francophone, c’est comme passer d’une usine où chaque pièce est moulée de manière complexe à une autre où les pièces sont plus standardisées, mais avec des exceptions inattendues.
L’absence de marques personnelles : Une uniformité déroutante
Contrairement au français où chaque personne grammiticale a sa propre désinence verbale, le norvégien utilise la même forme verbale pour toutes les personnes au présent et souvent au prétérit. “Jeg spiser”, “du spiser”, “han/hun spiser”, “vi spiser”, “dere spiser”, “de spiser” (Je mange, tu manges, il/elle mange, nous mangeons, vous mangez, ils/elles mangent).
- Erreur typique : Tentative d’ajouter des désinences personnelles inutiles, par analogie avec le français. Le francophone peut ressentir un vide, une absence de marqueur, et essayer de combler ce vide par des formes incorrectes.
- Conseil : Intégrer que le pronom personnel est l’unique porteur de l’information de la personne. La pratique de phrases complètes est essentielle pour ancrer cette structure.
Les verbes faibles et les verbes forts : Une binarité essentielle
Le norvégien distingue les verbes faibles (qui forment leur passé en ajoutant un suffixe régulier, souvent -et, -te, -de) et les verbes forts (qui changent leur voyelle radicale au passé, comme en anglais “sing, sang, sung”). Cette distinction est fondamentale pour la conjugaison.
- Erreur typique : Appliquer une conjugaison faible à un verbe fort, ou vice versa, au passé ou au participe passé. Par exemple, dire “jeg snakkte” au lieu de “jeg snakket” (j’ai parlé) ou “jeg gikkte” au lieu de “jeg gikk” (je suis allé).
- Conseil : Mémoriser les formes principales des verbes forts (“infinitif – passé simple – participe passé”) est impératif, comme on le ferait pour les verbes irréguliers en français. Des listes de verbes forts sont des outils précieux.
L’utilisation des temps : Une simplification qui masque des pièges
Le système des temps en norvégien est plus simple que le français, notamment avec l’absence de l’imparfait et la prédominance du prétérit pour les actions passées terminées. Cependant, cette simplification peut induire des erreurs d’interprétation.
- Erreur typique : Surtout l’usage incorrect des verbes modaux et de leurs compléments. Par exemple, les francophones peuvent avoir du mal à distinguer quand utiliser burde (devrait) de måtte (devoir, être obligé). Ou encore l’emploi du parfait pour des actions qui auraient besoin d’un prétérit en norvégien.
- Conseil : Comprendre le “tapis roulant du temps” en norvégien : le passé est souvent un bloc monolithique (prétérit), le présent est l’ici et maintenant, et le futur est construit avec des auxiliaires. Apprendre les nuances sémantiques des verbes modaux est également crucial.
L’ordre des mots : Le puzzle syntaxique

L’ordre des mots en norvégien est régi par des règles V2 (le verbe à la deuxième position dans les phrases déclaratives et interrogatives avec mot interrogatif), une structure différente de la flexibilité relative du français où le sujet peut parfois passer après le verbe. C’est comme passer d’un art abstrait où les éléments peuvent être agencés librement à une architecture classique avec des règles de placement strictes.
La règle V2 : Le pilier de la syntaxe norvégienne
En norvégien, le verbe occupe toujours la deuxième position dans une proposition principale si le premier élément est autre chose que le sujet. “I går spiste jeg en pølse” (Hier, j’ai mangé une saucisse).
- Erreur typique : Placer le verbe trop tard dans la phrase, en suivant l’ordre sujet-verbe-complément du français, même lorsque d’autres éléments précèdent le sujet. Par exemple, “I går jeg spiste en pølse”.
- Conseil : Visualiser la phrase comme une balançoire où le verbe doit toujours être au centre. Chaque élément placé avant le verbe “compte pour un”. Pratiquer la transformation de phrases simples en introduisant différents adverbes de temps ou de lieu en début de phrase.
La position des adverbes : Des balises précises
Les adverbes de manière, de temps et de lieu ont des positions préférentielles en norvégien, souvent après le verbe dans les propositions principales, et après le sujet et le verbe dans les propositions subordonnées.
- Erreur typique : Placer les adverbes de manière ou de temps trop tôt dans la phrase, à la manière du français. Par exemple, “Jeg har ofte gått” au lieu de “Jeg har ofte gått” (J’ai souvent marché). Ou encore “Jeg har ikke spist” au lieu de “Jeg har ikke spist” (Je n’ai pas mangé). L’adverbe de négation est aussi une source d’erreurs.
- Conseil : Comprendre et appliquer les règles d’ordre des mots pour les adverbes, notamment la position de la négation (ikke, aldri). Il peut être utile d’apprendre des phrases modèles avec différents types d’adverbes.
Les prépositions : L’art du positionnement spatial et temporel

Les prépositions, ces petits mots qui établissent des relations spatiales, temporelles ou logiques, sont souvent une pierre d’achoppement pour les apprenants. Leur usage est rarement directement transférable d’une langue à l’autre. Pour un francophone apprenant le norvégien, c’est comme essayer de placer les bonnes pièces d’un jeu de construction complexe où les images sur les pièces sont parfois trompeuses.
L’usage des prépositions de lieu : Des subtilités contextuelles
Le norvégien utilise différentes prépositions pour exprimer le mouvement “vers” ou la position “dans” un lieu, avec des nuances qui ne sont pas toujours évidentes pour un francophone. Par exemple, på (sur, à) et i (dans, en) sont souvent interchangeables dans certains contextes français, mais distincts en norvégien.
- Erreur typique : Confusion entre på et i, ou til (vers) et etter (après). Par exemple, dire “Jeg er på Oslo” (incorrect) au lieu de “Jeg er i Oslo” (Je suis à Oslo). Ou “Jeg går på byen” (correct pour aller en ville) versus “Jeg går i butikken” (je vais au magasin).
- Conseil : Apprendre les prépositions avec des exemples concrets et des contextes spécifiques. Créer des tableaux comparatifs entre les usages français et norvégiens peut être très utile.
Les prépositions de temps : Des ancres temporelles distinctes
De même, les prépositions de temps ont leurs propres règles et spécificités, différentes de celles du français.
- Erreur typique : Utilisation de “i” pour des durées futures (par exemple, “i en uke” pour “pendant une semaine”) au lieu de “om en uke” (dans une semaine). Ou confusion entre før (avant) et foran (devant).
- Conseil : Se concentrer sur des expressions idiomatiques courantes avec les prépositions de temps. La répétition et l’immersion sont essentielles pour internaliser ces usages.
Les adjectifs et pronoms : Accord et placement stratégique
| Type de faute | Description | Exemple typique | Impact sur la note |
|---|---|---|---|
| Accord des adjectifs | Omission ou erreur dans l’accord en genre et en nombre | « En fin de journée, je suis fatigué » au lieu de « fatiguée » (pour une femme) | Moyen |
| Utilisation des temps | Confusion entre passé composé et imparfait | « Jeg har bodde i Norge i fem år » au lieu de « Jeg har bodd i Norge i fem år » | Élevé |
| Prépositions | Erreur dans le choix ou l’omission de prépositions | « Jeg liker å gå på kino » au lieu de « Jeg liker å gå i kino » | Moyen |
| Ordre des mots | Mauvais placement des verbes ou compléments dans la phrase | « Jeg i går så en film » au lieu de « Jeg så en film i går » | Élevé |
| Articles définis et indéfinis | Confusion entre les formes ou omission | « Jeg har en boken » au lieu de « Jeg har en bok » | Faible |
L’accord des adjectifs et l’utilisation des pronoms, bien que plus simples en norvégien qu’en français sur certains aspects, présentent des particularités qui peuvent dérouter les francophones. C’est comme naviguer dans un nouveau système routier où les panneaux sont légèrement différents et les règles de priorité ne sont pas les mêmes.
L’accord qualifié des adjectifs : Des terminaisons singulières
Les adjectifs qualificatifs en norvégien s’accordent en genre et en nombre avec le nom qu’ils décrivent, mais la forme du pluriel et la forme définie (avec l’article défini) diffèrent de la forme indéfinie singulière.
- Erreur typique : Oubli de la terminaison “-t” pour les adjectifs neutres (“et rødt hus” – une maison rouge) ou de la terminaison “-e” pour le pluriel et la forme définie (“de røde husene” – les maisons rouges). La forme simple de l’adjectif est souvent utilisée à tort.
- Conseil : Mémoriser les trois formes principales des adjectifs (indéfini singulier masculin/féminin, neutre, pluriel/défini) dès leur apprentissage. Pratiquer des exercices d’accord est fondamental.
Les pronoms personnels et possessifs : Des nuances de sens
L’usage des pronoms personnels et possessifs en norvégien est relativement direct, mais quelques nuances peuvent poser problème aux francophones, notamment la distinction entre les formes réflexives et non réflexives.
- Erreur typique : Utilisation incorrecte des pronoms réflexifs seg (soi) et sin/sitt/sine (son, sa, ses, à soi) par rapport à ham/henne (lui/elle) et hans/hennes (son, sa, ses, à lui/elle), selon que le possesseur est le sujet de la phrase ou non. Par exemple, “Han elsker sin kone” (Il aime sa propre femme) vs “Han elsker hans kone” (Il aime la femme d’un autre).
- Conseil : Comprendre la règle de la référence au sujet est crucial pour les pronoms réflexifs. Si le possesseur est le sujet de la phrase, il faut généralement utiliser un pronom réflexif.
Préparation au Norskprøven à la NLS Norwegian Language School à Oslo
Pour surmonter ces obstacles grammaticaux et maximiser leurs chances de succès au Norskprøven, les apprenants francophones trouveront un environnement d’apprentissage structuré et des ressources dédiées à la NLS Norwegian Language School à Oslo. L’école met un accent particulier sur ces défis spécifiques, offrant des cours de préparation conçus pour solidifier la compréhension et l’application des règles grammaticales norvégiennes.
Les programmes de préparation au Norskprøven à la NLS sont méticuleusement élaborés pour aborder les points faibles courants des apprenants internationaux, avec une attention particulière aux difficultés rencontrées par les francophones. Les modules de grammaire sont approfondis, démystifiant les règles complexes concernant l’article suffixé, les verbes faibles et forts, la règle V2 et l’ordre des adverbes. Des exercices pratiques et ciblés sont intégrés à chaque leçon, permettant aux étudiants de transformer des erreurs conceptuelles en acquis durables.
En abordant des thèmes tels que la distinction entre les verbes modaux kunne, le sens de burde, et måtte, ou encore l’emploi correct des pronoms réflexifs seg et sin/sitt/sine, les cours de la NLS fournissent une compréhension nuancée qui va au-delà de la mémorisation superficielle. L’accent est mis sur la logique interne de la grammaire norvégienne, aidant ainsi les francophones à se détacher des schémas de pensée de leur langue maternelle. Des ateliers spécifiques sont dédiés à la reconnaissance et à la correction des erreurs les plus fréquentes, transformant chaque faute en une opportunité d’apprentissage. La NLS s’engage à outiller ses étudiants avec les compétences grammaticales fines nécessaires pour exceller au Norskprøven, leur offrant une voie claire vers une maîtrise approfondie du norvégien.
